Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 11:18

Article écrit pour le cabinet Merlane, avec qui je collabore, et repris sur différents médias. Merci à mes relecteurs, Mathieu en particulier.

 

Deux ans se sont écoulés depuis le « plan d'urgence contre les risques psychosociaux en entreprise ». Devrait paraitre en ligne, dès le mois d'avril, un guide à destination des entreprises, qui, selon le ministre Xavier Bertrand, « revient dans les détails sur les principales étapes pour arriver au plan d'action antistress ». Les « risques », « le stress », la « violence »… Avons-nous affaire aux bonnes entrées pour une évolution de la qualité de vie au travail ?

 

« Et sinon, vous faites quoi dans la vie ? ». Le travail est un point de référence qui occupe une place primordiale dans la vie de chacun. Pas uniquement rémunérateur, aussi bien source d’épanouissement personnel que d’insertion dans un collectif, il est à l’origine du meilleur comme du pire, et ce à différents niveaux : individuel, collectif, sociétal, économique. Personne ne niera que le travail est une chose complexe, multiforme, en évolution permanente, et particulièrement dans le contexte changeant des dernières décennies. Des forces combinées, telles que l’impératif de développement, la mutation technologique liée à l’avènement des NTIC, l’intensification de la concurrence, une orientation plus « libérale » de la pensée — ont une incidence sur la place de l’homme au travail, poussant les entreprises, les États et les systèmes de sécurité sociale à s’adapter. Au prisme de ces changements, les préoccupations sur la santé, la sécurité physique et psychologique, la qualité de vie et le bien-être des salariés, dépassent le seul cadre des questions de santé publique : il y a des enjeux humains et macro-économiques, que l’entreprise, à son échelle d’action, doit prendre en considération par l’intégration de solutions.

 

Vers un horizon « négocié » de la qualité de vie au travail

Entre les électrochocs médiatiques, l’effet de simplification qui s’y associe et l’observation de la dégradation d’indicateurs de santé et de sécurité au travail, se constitue la nouvelle classe des « risques psychosociaux ». Vocable qui vient, dans un amalgame, unifier les expressions de la souffrance au travail et désigner autant les risques que les troubles, parasitant ainsi ce qu’il devait rendre plus lisible. Dans de nombreux discours et aux vitrines des librairies, le travail en revient au « tripalium » : objet de peur et de souffrance, alors que dans le même temps, le Baromètre du Bien-être et de la Motivation (Accor Services/Ipsos) indique que l’ambiance de travail ou les conditions de travail satisfont prés de 70% des salariés.

 

Hors texte : Une préoccupation ancienne

 

L’intérêt porté à la santé et à la sécurité au travail est durablement installé dans le paysage économique. Sans aller jusqu’à évoquer les considérations hygiénistes du XIXe siècle, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT) existe depuis 1973 et les premières recherches sur l’importance de la qualité du climat psychologique sur le comportement et la performance des travailleurs datent de 1932 (Elton Mayo). Depuis sa création en 1946 la médecine du travail a beaucoup évolué, autant que les préoccupations en santé au travail liées aux évolutions du travail en tant que tel.

Depuis le siècle dernier, l’entreprise a changé et elle évoluera encore, autant dans les pratiques de ressources humaines, les modes d’organisation du travail, les styles de management, que dans les relations des salariés à l’entreprise. Il émerge aujourd’hui un mode relationnel que l’on peut qualifier de « transactionnel », un souhait de « pied d’égalité » des salariés ; renégociable, instable, difficile à comprendre et à prédire. Le défi, déjà appréhendé par la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) ou la Responsabilité sociale des entreprises (RSE), est de mener la gestion des hommes non plus de façon « globale » mais « négociée », avec des individualités dont les attentes sont forcément complexes et difficiles à mesurer. La qualité de vie au travail, le « bien-être » en entreprise, fait partie intégrante de ce défi.

 

 

Répondre au risques psychosociaux, oui mais comment ?

L’expression « risques psychosociaux » trouve son origine dans l’épidémiologie, l’observation d’une corrélation entre des facteurs de risques supposés homogènes et des pathologies variées. Ce positionnement s’accompagne du présupposé que cette pathogenèse trouve sa solution curative ou préventive en agissant sur les facteurs qui déterminent les troubles. Mais les réactions des hommes, face à un facteur psychosocial de risque, ne sont pas aussi systématiques que celle de ses poumons face à l’amiante. Il y a là un pas que franchit pourtant un modèle d’intervention linéaire, auquel se juxtapose la pensée d’un jeu à sommes nulles : réduire la présence de facteurs ou leurs impacts aurait pour effet de réduire la souffrance individuelle, et donc d’augmenter le bien-être au travail. Ce modèle a malheureusement peu de chance d’être durable. Nous défendons une autre logique. 


Hors texte : L’angle du bien-être


Changer de paradigme, étudier les systèmes « in situ », prendre en compte la réalité macro-économique… Il s’agit d’accompagner le co-développement durable de l’homme et de l’entreprise. Le « bien-être » au travail est le fil qui relie les pratiques de ressources humaines, les modes d’organisation du travail et les styles de management avec pour conséquence la performance individuelle, organisationnelle et économique de l’entreprise.

 

Le « bien-être » au travail (ressentir bien plus d’émotions positives que négatives dans sa situation de travail), n’est pas pour nous un nouvel euphémisme des troubles psychosociaux, mais plutôt la résultante d’un accord d’idées entre l’individu et la réalité perçue de son activité. L’amélioration continue de la qualité de vie au travail est un investissement au service de l’entreprise, de son organisation, de ses hommes, de sa performance globale, de sa réputation, de sa gestion du risque social. Alors que l’on peut penser comme conflictuel le désir individuel d’une part et le « désir de mobilisation de l’entreprise » d’autre part (l’individu entrant dans l’accomplissement du projet d’un autre), la qualité de vie au travail est le premier élément à animer pour permettre à l’individu d’être impliqué et, n’ayons pas peur du mot, « heureux ».

Travailler au cœur de la question humaine ne s’accommode pas d’un savoir d’expert, mais procède d’une démarche qualitative. En effet, le « bien-être » et ses conditions sont à définir de façon contextualisée. Seuls les collaborateurs d’une entreprise ont une réelle expertise sur le sujet. C’est sur cette base que peut se construire un plan d’action et une mise en œuvre aux effets « durables ». Ce que signifie « stress » ou « réussite » et leurs déterminants sont bien différents entre un trader et un agent d’entretien, et plus encore, comme le disait Epictète, « ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu'ils portent sur ces choses ».

Nul doute que l’aspect économique est central dans cette question de la qualité de vie au travail, le rapport Bien-être et efficacité au travail (Henri Lachmann, Christian Larose, Muriel Pénicaud) rappelant cet enjeu. Malheureusement, on présente trop souvent un niveau général d’impact assez loin de la complexe réalité des préoccupations d’un chef d’entreprise : 20 à 50 milliards d’euros par an, entre 50 et 60% des journées de travail perdues seraient liées au stress en Europe (2007), le coût estimé du stress en France serait entre 830 et 1656 millions d’euros (INRS, 2000), etc. Or, investir dans la qualité de vie au travail, ce n’est pas seulement produire un diagnostic des risques psychosociaux, un plan « antistress » ou des formations « gestion des risques psychosociaux ». Nous défendons l’idée selon laquelle l’amélioration continue de la qualité de vie au travail assure la rentabilité et la pérennité de l’entreprise. Cette réflexion doit être ainsi menée au cœur du « projet d’entreprise », avec en main les informations présentes et les indicateurs économiques permettant d’identifier le cout macro-économique du « mal-être » au travail. Selon cette ligne, il s’agit réellement « d’investir dans la qualité de vie au travail ».


« Les deux choses les plus importantes n'apparaissent pas au bilan de l'entreprise : sa réputation et ses hommes »(Henry Ford). Portons la conviction que le « bien-être au travail » n’est pas à opposer à la réussite d’une entreprise, il en est une des sources. Le contexte actuel, à la fois concurrentiel et de prise de conscience d’une nécessaire amélioration de la qualité de vie au travail, est l’occasion d’un investissement dans les hommes qui font l’entreprise. Mener ce projet avec cohérence c’est enquêter auprès de tous les acteurs d’une entreprise, être au plus près de la réalité de chacun, souligner les sources de bien-être et de satisfactions pour l’homme au travail, c’est à dire animer le co-développement durable de l’homme et de l’entreprise. Rien moins que cela.

Par Florent BONNEL - Publié dans : Ecrits
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Jeudi 3 février 2011 4 03 /02 /Fév /2011 16:17

« Les troubles psychosociaux sont la résultante d’une « mauvaise » interaction. Sachant que le risque est la possibilité qu’un événement ou une situation entraîne des conséquences négatives (épidémiologie et statistique), tandis que « psychosocial » fait référence à la singularité humaine (relative et contextualisé). Sachant que l’un quantifie ou objective, tandis que l’autre ne peut s’y résoudre, l’intervention préventive du Risque Psychosocial est complexe, trop souvent réductrice dans ce qui se fait. Sa compréhension étant biaisée par les amalgames qui s’imposent ; faire des risques psychosociaux des risques professionnels comme les autres, à traiter comme les autres. Face à un même « risque psychosocial » les personnes réagissent différemment, ce qui rend parfois caduque le fait d’affubler à un événement un caractère « risque ». Le risque psychosocial n’a donc d’existence que pris dans un contexte, étudié du point de vue du seul individu et de son rapport au travail. Cette approche ne peut de plus se réduire à « corriger » des déterminants « risques », avec comme attendu implicite, l’amélioration du vécue au travail, il faut tout autant, voire plus, impulser une dynamique de « bien-être » associée à la réduction d’éléments vécus comme négatifs, afin de développer la qualité de vie au travail, qui en feedback accroit la performance individuelle, collective, économique…

Une prise de conscience collective, portée au plus haut par les instances dirigeantes, est indispensable pour accepter d’investir dans un co-développement durable entre l’homme et l’entreprise. Sans avoir de plan d’action prédéfini, il faut d’abord accepter d’entrouvrir une porte pour changer de paradigme et comprendre ce qui se joue, au plus prés du réel, pour être au service à la fois de l’individu, et de façon corrélée, de l’entreprise. »

 

Florent BONNEL

Par Florent BONNEL - Publié dans : Ecrits
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Jeudi 23 décembre 2010 4 23 /12 /Déc /2010 13:29

« les conservateurs d’aujourd’hui sont les innovateurs d’hier… L’innovateur qui a réussi bénéficie d’une rente de situation qui lui paraît en général imprudent de remettre en question…Octave Gélinier avait bien montré la force de ce phénomène dans le cas particulier des moyennes entreprises. Ce qu’il appelait le modèle latin de gestion repose sur le développement rapide d’une organisation à partir des ressources d’innovation d’un petit groupe de fondateurs, puis se caractérise par le blocage complet de cette organisation quand, dix, ou quinze ans plus tard, ces innovateurs sont devenus les féodaux d’une entreprise, accrochés à la rente de situation qu’ils se sont acquises ».

 

Michel Crozier, On ne change pas la Société par Décret, Grasset, 1979, p.67 et 68

 

Pourquoi faire différent, quand ce que l'on à fait jusqu'ici, apporte et continuera à apporter ce pourquoi on a fait ?

La morale ? Je ne crois pas...

L'ethique ? Faudrait déja se mettre d'accord sur la définition

La continuité ? C'est ce qui se fait sous couvert de changement

Le changement ? C'est paradoxal

Le encore plus ? Cela me parait logique, dommage qu'il soit mal comprit que cela passe par quelques paradoxes du changement et de l'innovation, c'est à dire la remise en question de la prudence bienveillante du conservatisme.


Toutes tentatives de changements qui ne prennent pas en compte les paradoxes à dépasser sont vouées à faire de la continuité, dont les effets déléteres ne se veront pas dans les "dashboards". Qu'il est dommage d'observer que la plupart de ce que l'on propose est iatrogène, et je comprends tout a fait pourquoi.

Par Florent BONNEL - Publié dans : Ecrits
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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 17:17

 

« Babouins sous contraintes », je partage avec vous une de mes interventions sur le stress.

 

Ce n’est plus un secret tellement c’est devenu public : Un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face.


Définition à jamais discutable, comme toutes les définitions d’ailleurs, car il importe de savoir d’où et au nom de quoi on parle. Jetez un œil à « Le stress, un discours de et sur l’épistème ambiant » plus bas, pour mieux comprendre. Pour rappel, l’épistémologie  étudie de manière critique la méthode scientifique, les formes logiques et modes d'inférence utilisés en science, de même que les principes, concepts fondamentaux, théories et résultats des diverses sciences, et ce, afin de déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée objective ». En gros d’où vient la pensée que l’on pense vraie à l’heure actuelle, et que souvent on accepte sans questions et doute.

 

La définition présentée est aujourd’hui communément admise. Pourtant derrière le mot stress se cachent de nombreuses représentations, savoirs et concepts. Il y a le bon stress, le mauvais stress, le stress aigu, le stress chronique, les stresseurs (facteurs engendrant le stress), les effets du stress. Il y a la vision médicale, la vision psychologique, bio psycho sociale et quelques transpositions.


Le stress renvoie à de nombreuses croyances, par exemple la croyance que le stress déclenche des ulcères… cela n’est pas totalement vrai, un état de stress chronique (durable dans le temps) a pour effet de réduire la capacité du système immunitaire, une bactérie déjà présente se développe alors et attaque la paroi de l’estomac, entrainant un ulcère, l’état de stress et une de ses résultante biologique, non systématique, peu en être une cause parmi d’autres.


Le stress est hélas un concept valise, depuis que ce terme est arrivé on ne parle plus de trac, de tension, de peur, d’angoisse, et de sa définition littérale de l’anglais ; contrainte. Le concept de stress régit et explique tout malaise de cet ordre. Cela sans compter à quelle science l’on fait référence pour le définir, et la variabilité est parfois énorme, engendrant quelques débats de sourds. Peut être l’aspect le plus dangereux du vocable stress, à l’heure actuelle, est à mes yeux son aspect individualisant, et la tendance au psychologisme qu’il entraine.

 
Pour vous eclairer passons par l'etholohie.


Connaissez‐vous les babouins ?

 

Les babouins sont socialement très organisés, il y a on peut dire les dominants et les dominés, chacun connaissant sa place dans la société et l’organisation de la tribu, place qui est rappelée tous les jours par les relations de dominations installées.

 

Ces animaux sont pour la plupart stressés, non pas parce qu’ils sont chassés par les lions, en proie à de forts doutes sur leur existence, en danger constant de famine, mais stressés les uns par les autres par des tensions sociales et psychologiques qu’ils ont eux‐mêmes engendrées. Les dominants, appelés mâles « Alpha », ont sans difficulté accès à la nourriture, à la reproduction et aux papouilles. N’ayant besoin que de 3 heures par jour pour se nourrir, il leur reste près de 9 heures pour assoir leur domination, entretenir leur statut hiérarchique élevé, ainsi que savourer leur pouvoir sur les autres, grâce aux brimades sur les dominés, tortures, humiliations, harcèlements.

 

On constate que tout est bon pour passer son humeur sur les mâles de statut hiérarchique inférieur et sur de nombreuses femelles. Sans surprises, ces mâles n’ont aucun « signe médical » observable de stress, alors que les dominés les accumulent : maladies cardio‐vasculaires, forte sécrétion d’adrénaline et de glucocorticoïde, rythme cardiaque et tension artérielle plus élevée, obésité et stockage de graisse au niveau de l’abdomen et du torse, une plus faible sécrétion de dopamine, une faible activité intellectuelle, présence d’hormones liées à la dépression, espérance de vie réduite… (liste non exhaustive).

 

En d'autres termes, la position sociale dans l’organisation des babouins détermine la hauteur de l’état de stress chez l’individu, ainsi qu’un niveau d’impact sur son état de santé physique. Sur les aspects psychiques et subjectifs de bien‐être, pourtant primordiaux et incontournables pour comprendre le contexte et le système d’interaction, vous comprendrez la difficulté d’une évaluation objective. Mais ne soyons pas trop optimistes.

 

Si l’on souhaitait prendre en charge les babouins d’Afrique de l’est dominés, pour que leur situation change, que leur vie s’améliore, au nom d’une « santé publique », au nom de la « performance » santé de la colonie, que ferions nous ? Pourquoi ne pas les aider, leur apprendre à gérer leur stress : leur donner des balles antistress, des jeux relaxants, des séances de relaxation et de papouilles hors du quotidien, ils devraient apprécier. Nous pourrions également les aider ou leur apprendre à faire face aux problèmes et inventer une formation pour maitriser de nouveaux comportements, des techniques de défense et d’évitement, une meilleure affirmation, un guide du « bon babouin », en vue de réduire l’impact des « stresseurs ». En quelque sorte intervenir pour tendre vers l’évitement d’attitudes très primates : je ne vois pas, je n’entends pas, je ne dis rien…

 

Nous pouvons sourire de ces solutions chez le babouin, au sens opérationnel. En évaluant un possible impact bénéfique au niveau individuel par réduction du niveau d’état de stress (au travers des indicateurs physiques), nous gagerions de l’efficacité de ces choix, et de l’atteinte des objectifs primordiaux.

 

Mais, qu’est ce qui de la situation originelle aura changé ? Vous imaginerez avec nous que le babouin dominé restera dominé, même s’il assume mieux, un temps seulement, les brimades. Vous imaginerez avec nous que le babouin dominant restera dominant, ne voyant pas le pourquoi d’une évolution, et surtout ajustant ses brimades à la hauteur de ce que « mérite » le dominé. Pourquoi changer ce que l’on fait jusqu’ici et qui convient à certains ? Pourquoi dans la façon dont on intervient on maintient et aggrave la situation ? Alors, comment intervenir ?

 

La nature, dite bien faite, a apporté une réponse. Cette tribu est allée se nourrir dans les déchets d’un campement. La viande avariée portait le bacille de la tuberculose, et… les mâles Alpha, chassant les dominés loin de cette belle opportunité de nourriture, ayant mangé seul la viande, ont été décimés.

Cette tribu s’est trouvée face à une reconfiguration sociale et organisationnelle, et il ne resta que les mâles dit « gentils », les dominés ; c'est‐à‐dire les plus sociables, bienveillants, aidants, soignants, avec un ratio de deux fois plus de femelles que de mâles. S’en est suivi un nivellement hiérarchique dans l’organisation, d’où une absence pérenne de domination et de relations de pouvoir imposées entre les mâles. L’ensemble des individus de la tribu n’était plus soumis aux menaces liées à la domination et aux traditions organisationnelles et hiérarchiques apprises par tous et possédait une capacité d’action égale. L’ensemble des signes de stress avait disparu.

 

Souvent de jeunes babouins des tribus voisines ont cherché à s’insérer dans la tribu dont vous connaissez maintenant l’histoire. Nous pourrions nous attendre à ce qu’ils cherchent à appliquer le modèle organisationnel qu’ils connaissent, dominants‐dominés, dans une position de dominants (plus favorable pour eux) sans se questionner sur ce que l’on peut faire de différent. Les recherches en neurologie du Professeur Robert Sapolsky, dont les travaux me permettent de vous raconter cette histoire, à observé qu’au bout de 6 mois, les adolescents babouins apprennent les us et coutumes de la tribu : pas d’agressivité, on s’occupe des autres, on ne passe pas ses nerfs sur les femelles, et s’insèrent dans un modèle organisationnel qui convient à quasiment tout le monde. Plus que de vivre sans stress, la tribu survit et surtout prospère et cela dure depuis 20 ans.

 

Bien sûr, toute ressemblance entre l’histoire de cette tribu de babouins d’Afrique de l’Est et l’humain n’est pas fortuite.

 

Et si l’on devait retenir une leçon de cette histoire ?

 

Ce n’est pas auprés du seul individu qu’il faut chercher la chaine causale et les solutions au problème désigné du stress professionnel, c’est dans l’organisation, le management et la place faites à l’homme au travail que se trouvent les principales solutions. Cela passe par la capacité que nous pouvons nous donner à changer quelques croyances et tentatives de solutions inutiles ! En effet, penser et défendre que les relations inter‐individuelles et les organisations sont immuables et à jamais créatrices de tensions et de contraintes afin qu’elles perdurent avec performance est une erreur fondamentale, à la fois éthique et économique et ce sont des babouins qui nous l’apprennent.

 
Par Florent BONNEL - Publié dans : Ecrits
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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 15:04

Voici les derniers éléments de com réaliser pour l'APAP, et ce coup ci je ne suis pas tout seul, merci à Audrey pour son aide sur la Gazette, c'est Washington Post style...

 

N'hésitez pas à passer sur le site de l'APAP : www.apap-accompagnement.fr

 

GAZETTE APAP8

 


VidéoNews_Sep2010
Par Florent BONNEL
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